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Steal or Forge Kerberos Tickets: AS-REP Roasting (T1558.004)Classification Credential Access, mécanique générale, mitigations, détection, Event 4768 avec Pre-Authentication Type 0, corrélation avec 4769, usage de RC4 (etype 0x17).
Chemin d'attaque Active Directory · Kerberos · MITRE ATT&CK T1558.004
L'AS-REP Roasting exploite une configuration précise : un compte Active Directory pour lequel la pré-authentification Kerberos n'est pas exigée. Le contrôleur de domaine peut alors délivrer une réponse Kerberos contenant des données protégées par le secret du compte, sans que l'utilisateur ait d'abord prouvé qu'il connaissait ce secret.
L'attaquant peut emporter ces données et tenter de retrouver le mot de passe hors ligne. La vraie question devient alors : que permet d'atteindre cette identité si le secret tombe ?
Revenir au cas d'usage : sécuriser Active Directory et réduire les chemins d'attaqueDeux points d'entrée différents mènent au même matériau exploitable. La suite, en revanche, dépend entièrement de ce que l'identité concernée permet réellement de faire dans l'annuaire.
Le roast n'est pas le chemin complet. Le danger dépend de ce que contrôle l'identité compromise.
Dans un échange Kerberos standard, le client ne reçoit rien d'exploitable avant d'avoir démontré qu'il détient bien le secret du compte.
L'intérêt est simple : le KDC ne livre pas directement, à n'importe quel demandeur, les éléments nécessaires à une tentative de cassage hors ligne.
Avec DONT_REQ_PREAUTH, cette étape de vérification préalable disparaît pour le compte concerné. Le serveur peut donc retourner une réponse AS-REP sans avoir préalablement obtenu cette preuve.
Une partie de la réponse contient des données chiffrées à l'aide d'une clé dérivée du secret du compte. Les outils de sécurité offensive savent transformer ces données dans un format permettant de tester hors ligne des candidats de mot de passe.
L'exposition ne provient pas d'une vulnérabilité logicielle mais d'un attribut de l'objet compte dans l'annuaire.
Toutes les occurrences ne proviennent pas d'un système legacy. Un compte peut porter ce flag à la suite d'un modèle de création dupliqué, d'un script d'administration ou d'un choix ponctuel jamais réévalué. La cause doit être établie compte par compte.
C'est le point qui distingue une lecture par chemins d'attaque d'un simple constat de mauvaise configuration. Un compte dispensé de pré-authentification peut être de nature très variée.
La question habituelle
Combien de comptes sont roastables ?
La bonne question
Qu'est-ce que ces comptes permettent de contrôler ?
C'est la logique des relations de contrôle décrite par l'ANSSI dans ses recommandations de sécurité relatives à Active Directory : une faiblesse isolée devient critique lorsqu'elle permet de progresser vers des ressources de confiance.
Les deux techniques cherchent à obtenir hors ligne un secret protégeant des données Kerberos, mais elles ne visent ni les mêmes comptes ni le même échange.
| Critère | AS-REP Roasting | Kerberoasting |
|---|---|---|
| Cible | Comptes ne nécessitant pas la pré-authentification Kerberos. | Comptes associés à un ou plusieurs services identifiés par un SPN. |
| Échange Kerberos | AS-REQ / AS-REP, au moment de la demande de TGT. | Demande de ticket de service, échange TGS. |
| Condition particulière | Flag DONT_REQ_PREAUTH positionné sur le compte. | SPN exploitable associé au compte ciblé. |
| Secret attaqué hors ligne | Oui : l'attaquant cherche à retrouver le secret protégeant les données Kerberos. | Oui : même objectif, à partir d'un élément lié au ticket de service. |
| Privilèges nécessaires | Un compte du domaine facilite l'énumération, mais un nom d'utilisateur plausible peut suffire à tester une requête. | Une identité déjà authentifiée dans le domaine est généralement nécessaire. |
| Impact | Dépend des privilèges et des chemins accessibles à l'identité dont le secret est récupéré. | Même logique : l'impact se mesure aux droits du compte compromis. |
La détection repose d'abord sur les journaux des contrôleurs de domaine, à condition de les collecter et de les interpréter avec le contexte de l'identité concernée.
Microsoft a fait évoluer les informations disponibles dans l'événement 4768 sur les Windows Server 2016 et ultérieurs mis à jour avec les correctifs de sécurité de janvier 2025 et suivants. Une règle SIEM ne doit donc pas dépendre aveuglément d'un parsing historique : le format et les champs disponibles doivent être vérifiés sur le parc réellement déployé.
Avant la détection vient l'inventaire : savoir quels comptes portent le flag, puis comprendre ce qu'ils permettraient d'atteindre.
Inventorier les comptes dont l'attribut DoesNotRequirePreAuth est actif est un contrôle simple, en lecture seule, réalisable avec le module Active Directory PowerShell.
Get-ADUser -Filter 'DoesNotRequirePreAuth -eq $true' -Properties DoesNotRequirePreAuth |
Select-Object SamAccountName, Enabled, DoesNotRequirePreAuthCette commande est un exemple de contrôle ponctuel, pas une couverture exhaustive d'un audit Active Directory : elle ne couvre ni les comptes désactivés à réexaminer, ni les autres classes d'objets, ni les autres domaines de la forêt.
Un script vous dit quels comptes portent le flag. Il ne vous dit pas forcément lesquels créent le chemin d'attaque le plus critique.
Lister les comptes concernés et leur état d'activation.
Qualifier chaque compte : usage réel, propriétaire, robustesse du secret, dépendances.
Relier ces comptes aux groupes, délégations, ACL et ressources qu'ils permettent d'atteindre.
Traiter d'abord les comptes dont la compromission raccourcit le plus un chemin vers le Tier 0.
La correction se traite par ordre d'effet : supprimer l'exception quand c'est possible, comprendre pourquoi elle existait, puis réduire ce que le secret permettrait d'obtenir.
Partout où aucune dépendance technique ne l'interdit. Le cmdlet Microsoft Set-ADAccountControl dispose du paramètre -DoesNotRequirePreAuth ; la cible défensive est DoesNotRequirePreAuth = False. Une modification massive en production ne doit jamais être recommandée sans avoir qualifié les éventuelles dépendances historiques.
Application historique, migration, ancien compte technique, configuration devenue inutile : sans cette réponse, le flag réapparaîtra tôt ou tard.
MITRE recommande notamment des mots de passe robustes et un chiffrement Kerberos moderne, AES plutôt que RC4 lorsque c'est possible. Renforcer le mot de passe ou passer à AES réduit le risque de cassage : cela ne rend pas souhaitable le maintien de DONT_REQ_PREAUTH.
Ce que le secret permettrait réellement d'obtenir se lit dans l'annuaire.
La correction ne doit pas être ponctuelle : une création de compte par copie, un script d'exploitation ou une exception accordée en urgence peuvent recréer exactement le même risque.
Retirer les privilèges permanents ne corrige pas DONT_REQ_PREAUTH et n'empêche pas une tentative d'AS-REP Roasting.
En revanche, si une identité compromise n'a aucun privilège sensible permanent et doit obtenir ses capacités élevées de manière contrôlée et temporaire, la valeur opérationnelle du secret volé diminue fortement.
La prévention Kerberos et la réduction du privilège répondent donc à deux endroits différents du même chemin d'attaque.
Détecter DONT_REQ_PREAUTH est relativement simple. Décider quoi corriger en premier l'est moins.
Un diagnostic Active Directory utile rapproche la configuration des comptes de leurs privilèges, délégations, groupes, actifs accessibles et chemins vers les ressources sensibles.
L'objectif n'est donc pas simplement de produire une liste de mauvaises configurations, mais de distinguer les faiblesses isolées des chemins réellement exploitables et de construire une remédiation priorisée.
Ariovis aide à identifier, prioriser, corriger et surveiller les conditions qui rendent ce chemin exploitable. C'est une contribution à votre trajectoire de durcissement, parmi d'autres contrôles internes.
Sources de premier rang utilisées pour cette fiche.
MITRE ATT&CK
Steal or Forge Kerberos Tickets: AS-REP Roasting (T1558.004)Classification Credential Access, mécanique générale, mitigations, détection, Event 4768 avec Pre-Authentication Type 0, corrélation avec 4769, usage de RC4 (etype 0x17).
Microsoft Learn
UserAccountControl property flagsAttribut userAccountControl, flag DONT_REQ_PREAUTH, valeurs 0x400000 et 4194304.
Microsoft Learn
4768(S, F) — A Kerberos authentication ticket (TGT) was requestedSignification de l'événement, émission sur les contrôleurs de domaine, champ Pre-Authentication Type, type 0 signalant une ouverture de session sans pré-authentification, évolution du format à partir des correctifs 2025.
Microsoft Learn
Set-ADAccountControlParamètre -DoesNotRequirePreAuth pour rétablir l'exigence de pré-authentification.
ANSSI
Recommandations de sécurité relatives à Active DirectoryCriticité de l'annuaire, cloisonnement, ressources sensibles et progression d'un attaquant vers des ressources de confiance.
Les contenus Ariovis qui prolongent directement ce sujet.
La page mère : techniques, priorisation et remédiation côté annuaire.
La technique voisine, sur une autre phase du protocole Kerberos.
L'offre d'audit AD : délégations, comptes privilégiés, chemins d'attaque, durcissement.
La trajectoire de mise sous contrôle, du constat aux premières remédiations.
Vérifier par la pratique quels chemins d'attaque sont réellement exploitables.