Cas d'usage — Se conformer à DORA

DORA et Axiomatics : appliquer le moindre privilège au moment de l'action

Le règlement DORA ne s'arrête pas à la question de savoir si une personne possède ou non un droit d'accès. Le règlement délégué (UE) 2024/1774 demande notamment que les droits soient attribués selon les principes du besoin d'en connaître, du besoin d'en disposer et du moindre privilège. Il demande également que les restrictions d'accès soutiennent les exigences de protection associées à la classification des données et des systèmes, et que des contrôles empêchent effectivement les accès non autorisés.

Ces exigences peuvent dépasser ce qu'un modèle de rôles statique sait exprimer simplement. Une plateforme IGA peut déterminer qu'une personne est légitime pour exercer une fonction et lui attribuer les rôles correspondants. Axiomatics intervient à un autre moment : lorsque l'application doit décider si cette identité peut effectuer une action précise sur une ressource précise, dans le contexte présent. C'est le rôle que nous attribuons à l'autorisation fine dans notre architecture IAM : l'IAG gouverne les identités et les droits, tandis qu'Axiomatics prend la décision d'autorisation au moment où l'action est exécutée.

Appliquer réellement le moindre privilège : DORA article 21(a)

Exigence DORA

Article 21(a)Moindre privilège

  • Need-to-know
  • Need-to-use
  • Least privilege

Axiomatics

  • Décision contextuelle au runtime
  • Sujet + Action + Ressource + Environnement
  • ABAC / PBAC

L'article 21(a) impose que l'accès aux actifs TIC repose sur les principes du besoin d'en connaître, du besoin d'en disposer et du moindre privilège, y compris pour les accès distants et d'urgence. Un modèle RBAC peut répondre à une partie de cette exigence en donnant à une personne les droits associés à son rôle, mais il atteint ses limites lorsque la décision dépend simultanément de plusieurs caractéristiques de l'utilisateur, de la ressource et de l'action demandée.

Prenons le cas de Claire, Senior Analyst au sein de la direction Finance France. Son IGA peut légitimement lui attribuer le rôle « Analyste Finance », mais ce rôle ne permet pas à lui seul de décider si Claire doit pouvoir consulter tous les dossiers financiers, modifier certaines informations ou effectuer une opération portant sur une autre entité du groupe.

Axiomatics permet de construire une décision à partir d'attributs appartenant à quatre catégories : le sujet, l'action, la ressource et l'environnement. La documentation de l'éditeur cite par exemple, pour le sujet, le rôle, le département ou le niveau d'habilitation ; pour l'action, la consultation ou la modification ; pour la ressource, le dossier ou l'objet concerné ; et pour l'environnement, des éléments tels que le lieu, l'heure ou le type de terminal. Ces attributs sont évalués dynamiquement au moment de la demande.

Dans notre exemple, la politique pourrait donc prendre en compte le fait que Claire appartient à Finance France, demande à consulter le dossier FIN-2026-00452, que ce dossier appartient à l'entité France et possède une classification donnée. Le rôle reste une information utile, mais il devient l'un des éléments de la décision plutôt que la totalité de la politique.

Cette approche évite également de créer un nouveau rôle pour chaque combinaison possible de fonction, entité, type de donnée ou action. Axiomatics présente précisément PBAC comme une alternative aux modèles d'autorisation trop statiques : les politiques sont centralisées et utilisent des attributs pour adapter les autorisations sans devoir modifier l'ensemble du modèle de rôles ou coder chaque règle directement dans les applications.

Faire respecter la classification des données : DORA article 11(a)

Exigence DORA

Article 11(2)(a)Les restrictions d'accès doivent soutenir les exigences de protection correspondant aux niveaux de classification

    Axiomatics

    • Attributs de classification de la ressource
    • Attributs d'habilitation du sujet
    • Politique évaluée au runtime

    L'article 11 du règlement délégué exige que la sécurité des données et des systèmes soit organisée conformément à la classification établie au titre de DORA. Son point 2(a) demande plus précisément que les restrictions d'accès prévues à l'article 21 soutiennent les exigences de protection correspondant à chaque niveau de classification.

    Axiomatics n'est pas imposé par DORA, et le règlement ne prescrit ni ABAC ni PBAC. En revanche, un moteur d'autorisation dynamique fournit un moyen technique direct de faire entrer cette classification dans la décision d'accès. La documentation Axiomatics illustre d'ailleurs explicitement des politiques comparant des attributs de niveau d'habilitation du sujet à la classification de la ressource.

    Pour Claire, cela signifie que l'accès à l'application Finance ne constitue pas automatiquement une autorisation de consulter toutes les informations qu'elle contient. Une règle peut autoriser l'accès au dossier si son entité correspond à celle de Claire et si la classification du dossier est compatible avec son niveau d'habilitation. Une autre règle peut imposer des conditions supplémentaires pour une modification ou un export.

    Le contrôle porte alors sur l'objet réellement consommé et sur l'action effectivement demandée. Cette distinction entre gouvernance des droits et autorisation fine est également celle utilisée dans notre architecture IAM : l'autorisation fine complète l'IAG lorsque les droits ne peuvent plus être déterminés uniquement à l'avance.

    Empêcher techniquement l'accès non autorisé : DORA article 21(d)

    Exigence DORA

    Article 21(d)Contrôles et outils empêchant les accès non autorisés

      Axiomatics

      • PAP — administration des politiques
      • PIP — fourniture des attributs
      • PDP — décision
      • PEP — application de la décision

      L'article 21(d) demande que les restrictions d'accès aux actifs TIC comportent des contrôles et outils permettant d'empêcher les accès non autorisés. Pour Axiomatics, cette exigence se traduit par une architecture dans laquelle la politique et la décision sont séparées de l'application qui applique le résultat.

      Axiomatics s'appuie notamment sur le modèle XACML. Lorsqu'une requête arrive, un Policy Enforcement Point (PEP) l'intercepte et transmet les informations nécessaires au Policy Decision Point (PDP). Le PDP évalue les politiques et les attributs disponibles, puis renvoie une décision, généralement Permit ou Deny. Le PEP applique ensuite cette décision sur la ressource protégée. Les politiques sont administrées via un Policy Administration Point (PAP) et les informations nécessaires à leur évaluation peuvent provenir de Policy Information Points (PIP) tels qu'un annuaire, une base de données ou une autre source de référence.

      Pour Claire, l'application n'a donc pas besoin de contenir une succession de conditions du type « si Finance France, si classification X, si action Y, alors autoriser ». Elle demande au moteur d'autorisation si Claire peut consulter FIN-2026-00452. Le PDP évalue la politique avec les attributs nécessaires et renvoie sa décision au PEP.

      Cette externalisation permet surtout d'appliquer une même politique d'autorisation à plusieurs points du système d'information. Axiomatics documente ce fonctionnement pour les applications, les microservices et les API Gateways ; dans ce dernier cas, la gateway peut jouer directement le rôle de PEP tandis qu'Axiomatics reste le PDP.

      Centraliser la politique sans la figer dans les applications

      La centralisation de la politique apporte un second intérêt dans un contexte réglementaire : une évolution de la règle ne nécessite pas nécessairement une modification du code de chaque application qui l'applique.

      Axiomatics décrit PBAC comme une approche dans laquelle les politiques d'autorisation sont externalisées et gérées séparément des applications. Les règles peuvent ainsi être mises à jour ou révoquées sans réimplémenter les permissions dans chaque code applicatif, tout en conservant un point commun de gouvernance des politiques.

      Cette capacité devient utile lorsque plusieurs applications consomment la même règle métier ou réglementaire. Une évolution portant sur la classification d'une donnée, les conditions d'accès d'une population ou une limite d'opération peut être portée par la politique puis appliquée par les différents PEP concernés. Elle ne dispense pas d'un bon modèle d'identité ni de données de qualité : l'autorisation dynamique reste dépendante de la fiabilité des attributs utilisés pour prendre la décision.

      Conserver la preuve de la décision : DORA article 12

      Exigence DORA

      Article 12Journalisation des événements liés notamment au contrôle d'accès logique et à la gestion des identités

        Axiomatics

        • Trace des décisions d'autorisation
        • Permit / Deny
        • Audit runtime des décisions et des politiques

        DORA demande également que les événements relatifs au contrôle d'accès logique et à la gestion des identités soient journalisés. L'article 12 impose que le niveau de détail des journaux soit adapté à leur finalité et permette notamment la détection d'activités anormales.

        Axiomatics peut contribuer à cette chaîne de preuve en journalisant les décisions d'autorisation. L'éditeur distingue notamment l'audit administratif des politiques et les journaux d'autorisation produits au runtime, qui permettent de suivre les décisions prises lors des demandes d'accès.

        Dans notre exemple, l'intérêt n'est donc pas uniquement de savoir que Claire a tenté de consulter un dossier. Il devient possible de conserver également la décision d'autorisation prise à ce moment-là et de la relier à la politique utilisée.

        Cette trace ne remplace toutefois pas le dispositif complet de journalisation demandé par DORA. L'article 12 couvre également les activités des systèmes TIC, la gestion des changements, le trafic réseau et d'autres événements. Axiomatics apporte la preuve de sa décision d'autorisation ; les autres briques de journalisation et de sécurité restent nécessaires pour restituer l'activité globale du système.

        Où Axiomatics s'insère dans l'architecture DORA

        Axiomatics ne remplace ni l'IGA ni l'Access Management. Ces briques répondent à des questions différentes. L'IGA détermine et gouverne les droits qu'une identité doit posséder dans la durée ; l'Access Management vérifie l'identité et les conditions d'accès ; Axiomatics intervient lorsque l'autorisation doit être recalculée au moment de l'action en fonction de la ressource et du contexte.

        Pour Claire, la chaîne peut donc être simple à lire : son IGA établit qu'elle est Senior Analyst Finance, son système d'authentification vérifie qu'elle est bien la personne attendue, puis Axiomatics décide si elle peut effectuer l'action demandée sur le dossier concerné. Si la décision est positive, le PEP laisse passer la requête ; si l'une des conditions prévues par la politique n'est plus satisfaite, l'accès est refusé sans qu'il soit nécessaire de créer un nouveau rôle pour représenter cette situation.

        C'est cette capacité qui rend l'autorisation fine particulièrement intéressante dans une démarche DORA. Elle ne constitue pas une « conformité Axiomatics à DORA », mais un moyen de traduire certaines exigences de moindre privilège, de classification et de prévention des accès non autorisés en décisions d'autorisation exécutées et traçables au runtime.

        Claire

        Senior Analyst — Finance France

        Application / API

        « Claire peut-elle consulter FIN-2026-00452 ? »

        PEP

        Policy Enforcement Point

        Intercepte la demande

        PDP — Axiomatics

        Policy Decision Point

        Le PDP évalue

        Sujet

        • fonction : Senior Analyst
        • direction : Finance
        • pays : France

        Action

        • consulter

        Ressource

        • FIN-2026-00452
        • entité : France
        • classification : Confidentiel

        Environnement

        • uniquement les attributs contextuels effectivement disponibles dans l'architecture

        Décision

        PermitouDeny

        La décision dépend de la politique évaluée.

        PEP

        applique la décision

        Schéma conceptuel Ariovis : où se prend et où s'applique la décision d'autorisation.

        Pour aller plus loin

        Échanger sur vos contrôles d'autorisation DORA

        Ariovis accompagne la conception des modèles d'autorisation, l'intégration des politiques et le raccordement des applications, API et sources d'attributs nécessaires à une décision fine et contextualisée.