Cas d'usage — Se conformer à DORA

DORA et Ping Identity : adapter l'authentification au risque de l'accès

Le règlement délégué (UE) 2024/1774 donne à l'authentification une place très concrète dans DORA. Son article 20(1) demande que les personnes et les systèmes accédant aux informations de l'entité financière puissent être identifiés et authentifiés de manière unique. Son article 21(f) va plus loin : les méthodes d'authentification doivent être proportionnées à la classification et au profil de risque des actifs TIC, et une authentification forte doit notamment être utilisée pour les accès distants, les accès privilégiés, les actifs soutenant des fonctions critiques ou importantes et les actifs TIC accessibles au public.

C'est sur ce périmètre que Ping Identity trouve naturellement sa place. Dans cette page, Ping Identity désigne les briques d'Access Management de l'éditeur, notamment PingOne, PingOne Protect et, selon l'architecture retenue, PingOne Advanced Identity Cloud. Leur rôle n'est pas de déterminer dans la durée quels droits métier une personne doit posséder, mais de sécuriser le moment où cette identité cherche effectivement à accéder à une ressource. Cette séparation correspond également à l'architecture IAM retenue par Ariovis : l'IGA structure la gouvernance, tandis que l'Access Management porte l'authentification, le SSO, la fédération, les politiques d'accès conditionnel et la gestion des sessions.

Identifier et authentifier l'utilisateur : DORA article 20(1)

Exigence DORA

Article 20(1)Identification et authentification uniques des personnes et systèmes accédant aux informations

    Ping Identity

    • Politiques d'authentification
    • Parcours d'accès
    • Single-factor ou MFA selon la politique définie

    L'article 20(1) impose des politiques et procédures garantissant l'identification et l'authentification uniques des personnes et systèmes accédant aux informations de l'entité financière. Il ne faut cependant pas confondre cette obligation avec l'ensemble de l'article 20 : le paragraphe suivant traite du cycle de vie des identités et comptes, qui relève davantage d'une plateforme IGA telle que Netwrix Identity Manager.

    Ping intervient sur la partie authentification et accès. Ses politiques d'authentification permettent de définir comment l'identité doit être vérifiée selon l'application ou le parcours concerné. PingOne supporte notamment des politiques à un ou plusieurs facteurs et permet de combiner ces politiques avec les parcours d'accès des applications.

    Prenons le cas de Claire, collaboratrice d'une direction financière qui doit accéder à une application soutenant une fonction importante. Son IGA peut établir qu'elle possède légitimement l'accès à cette application. Au moment où elle cherche à s'y connecter, Ping prend le relais pour vérifier son identité selon la politique d'authentification associée à cette ressource. La gouvernance du droit et l'authentification de la personne sont donc deux contrôles distincts, même s'ils participent au même parcours d'accès.

    Imposer une authentification forte lorsque DORA l'exige : article 21(f)(ii)

    Exigence DORA

    Article 21(f)(ii)Authentification forte selon les bonnes pratiques pour notamment :

    • accès distant au réseau
    • accès privilégié
    • actifs TIC soutenant des fonctions critiques ou importantes
    • actifs TIC accessibles au public

    Ping Identity

    • PingOne MFA
    • Politiques de méthodes d'authentification
    • TOTP / push / FIDO2 selon l'architecture et la configuration
    • WebAuthn / FIDO2 pour les parcours concernés

    L'article 21(f)(ii) est particulièrement explicite. Il demande des méthodes d'authentification forte fondées sur les bonnes pratiques pour l'accès distant au réseau, les accès privilégiés, l'accès aux actifs TIC soutenant des fonctions critiques ou importantes ainsi que les actifs TIC accessibles au public.

    PingOne permet de construire des politiques MFA définissant les méthodes d'authentification utilisables et leur configuration. Ces politiques peuvent ensuite être intégrées aux parcours d'authentification. La documentation de Ping cite notamment les authentificateurs TOTP, les notifications push et FIDO2 parmi les méthodes disponibles selon les environnements et configurations.

    FIDO2 est particulièrement intéressant pour des accès sensibles, même si DORA ne prescrit pas cette technologie. PingOne prend en charge WebAuthn et FIDO2, avec des credentials fondés sur la cryptographie à clé publique. La documentation Ping met notamment en avant la protection contre le phishing et les attaques par rejeu ainsi que la possibilité de construire des parcours passwordless.

    Dans le cas de Claire, la classification de l'application comme support d'une fonction importante peut donc conduire à imposer une méthode d'authentification forte plutôt qu'un simple mot de passe. Ping apporte ici le mécanisme technique permettant d'appliquer la politique décidée par l'organisation ; il ne décide pas à lui seul de la classification DORA de l'actif ni du niveau d'exigence réglementaire applicable.

    Adapter l'authentification au risque : DORA article 21(f)(i)

    Exigence DORA

    Article 21(f)(i)Méthodes d'authentification proportionnées :

    • à la classification
    • au profil global de risque des actifs TIC

    Ping Identity

    • PingOne Protect
    • Évaluation du risque
    • Politiques de risque
    • Step-up ou refus selon la politique
    • Signaux documentés par Ping : IP Reputation, Geovelocity Anomaly, New Device, User-Based Risk Behavior, User Location Anomaly, Suspicious Device selon licence et configuration

    DORA ne demande pas seulement une authentification forte sur quelques périmètres prédéfinis. L'article 21(f)(i) exige également que les méthodes d'authentification soient proportionnées à la classification des actifs et à leur profil global de risque.

    C'est ici que PingOne Protect apporte une réponse plus dynamique. La solution permet de construire des politiques de risque à partir de différents prédicteurs. La documentation Ping cite notamment la réputation de l'adresse IP, les anomalies de géovélocité, l'utilisation d'un nouvel appareil, les comportements inhabituels de l'utilisateur, les anomalies de localisation ou encore certains signaux liés au terminal.

    PingOne Protect permet de combiner ces signaux dans une évaluation du risque et d'adapter ensuite le parcours d'authentification. Selon les politiques définies par l'organisation, un niveau de risque plus élevé peut conduire à demander une authentification renforcée ou à refuser l'accès.

    Pour Claire, la règle peut donc être différente selon la situation. Une connexion habituelle depuis son équipement connu peut suivre le parcours prévu pour l'application, tandis qu'une tentative provenant d'un nouvel appareil accompagnée d'une anomalie de localisation peut déclencher une authentification supplémentaire ou un refus selon la politique définie. L'accès métier de Claire n'a pas changé : c'est le niveau de confiance accordé à la tentative d'authentification qui est réévalué.

    Claire

    Senior Analyst — Finance

    Application Finance

    Supporte une fonction importante

    Ping Identity

    Politique d'authentification

    Le parcours prend notamment en compte

    1. Politique associée à l'accès

    • application concernée
    • niveau d'authentification attendu

    2. Signaux de risque

    via PingOne Protect lorsque cette capacité est utilisée

    • nouvel appareil
    • réputation IP
    • géovélocité
    • anomalie de localisation
    • comportement utilisateur

    Évaluation du risque

    FaibleMoyenÉlevé

    selon la politique Ping configurée.

    Décision sur le parcours

    • continuer le parcours prévu
    • demander une authentification plus forte
    • refuser l'accès

    Session authentifiée

    Avec une durée définie selon la politique de sécurité de l'environnement.

    Schéma conceptuel Ariovis : le parcours d'authentification de Claire et les décisions qui relèvent de Ping Identity.

    Maîtriser également la durée de la session

    La réussite de l'authentification crée généralement une session durant laquelle l'utilisateur n'a pas à prouver son identité à chaque requête. DORA ne fixe pas dans l'article 21(f) une durée maximale universelle pour cette session, mais sa maîtrise complète logiquement la politique d'authentification lorsque le risque de l'application le justifie.

    PingOne Advanced Identity Cloud permet de définir des durées de session et d'inactivité ainsi que des durées de vie pour certains tokens. Ces paramètres permettent d'adapter la persistance de la session au contexte de l'application et à la politique de sécurité retenue.

    Cette capacité doit être présentée comme un mécanisme de sécurité complémentaire, pas comme une obligation chiffrée inventée à partir de DORA. Une organisation peut par exemple décider qu'une application financière sensible justifie une session plus courte qu'un service à faible risque, à condition que cette décision découle de sa propre politique et de son analyse de risque.

    Ping Identity dans l'architecture DORA

    Ping ne couvre pas seul les exigences DORA liées aux identités et aux accès, car plusieurs décisions différentes interviennent avant et après l'authentification. L'IGA gouverne l'identité, son cycle de vie et les droits qu'elle doit posséder ; Ping Identity sécurise l'accès et adapte l'authentification au contexte ; Axiomatics peut prendre une décision d'autorisation beaucoup plus fine sur une action et une ressource données ; un PAM intervient lorsque l'utilisation d'un privilège doit être contrôlée spécifiquement.

    Dans le cas de Claire, le parcours devient cohérent : l'IGA établit qu'elle doit pouvoir accéder à l'application Finance, Ping vérifie son identité et détermine le niveau d'authentification nécessaire compte tenu de la criticité et du risque observé, puis les contrôles d'autorisation de l'application décident ce qu'elle peut effectivement y faire. Si Claire utilise ensuite un compte ou une capacité privilégiée, les mécanismes PAM prennent le relais sur ce périmètre.

    Ping Identity ne constitue donc pas une « solution DORA ». Sa contribution est plus précise et plus facile à démontrer : mettre en œuvre les contrôles d'authentification demandés par les articles 20(1) et 21(f), en permettant d'adapter le niveau d'assurance au risque de l'accès et d'imposer une authentification forte sur les périmètres qui l'exigent.

    Netwrix Identity Manager

    Gouverne

    « Claire doit-elle avoir accès à l'application Finance ? »

    Ping Identity

    Authentifie

    « Est-ce bien Claire et quel niveau d'assurance faut-il demander maintenant ? »

    Axiomatics / autorisation applicative

    Autorise

    « Claire peut-elle faire cette action sur cette ressource ? »

    PAM

    si une opération privilégiée doit être exécutée.

    Schéma conceptuel Ariovis : qui décide quoi dans la chaîne d'accès.

    Pour aller plus loin

    Échanger sur vos contrôles d'authentification DORA

    Ariovis accompagne la conception et l'intégration des parcours d'authentification, des politiques MFA et des mécanismes d'accès adaptatif nécessaires aux applications et populations concernées.