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NTLM overviewFonctionnement challenge-response, préférence donnée à Kerberos dans un domaine et statut actuel de NTLM, déprécié mais encore supporté.
Chemin d'attaque Active Directory · NTLM · Relay · MITRE ATT&CK T1557.001
NTLM repose sur un mécanisme de challenge-response : le mot de passe n'est pas directement transmis au service distant, qui vérifie une réponse calculée à partir du secret de l'identité. Cette propriété protège le secret lui-même, mais elle n'empêche pas certaines attaques de relais.
Si un attaquant parvient à se placer dans le chemin d'une authentification, ou à provoquer cette authentification, il peut dans certaines configurations transmettre l'échange vers un autre service sans jamais connaître le mot de passe de la victime. Le service destinataire authentifie alors une identité qui n'a pas voulu se connecter à lui.
Le risque ne dépend donc pas seulement de la présence de NTLM. Il vient de l'association entre une source d'authentification exploitable, une cible insuffisamment protégée contre le relay et les privilèges réels de l'identité relayée.
La vraie question
Quelles identités peuvent être amenées à s'authentifier, vers quelles destinations, et quels services acceptent encore cette authentification sans vérifier le contexte dans lequel elle a été produite ?
NTLM authentifie une identité sans transmettre son secret au service distant : le serveur envoie un challenge, le client calcule une réponse à partir de son secret, et cette réponse est validée par le serveur ou par un contrôleur de domaine. L'échange est donc une preuve de possession, valable pour cette session et pour ce service.
Deux scénarios très différents peuvent partir de cet échange, et les confondre conduit à des analyses fausses, à des remédiations mal ciblées et à des détections inadaptées. Le premier cherche à retrouver un secret, le second cherche à utiliser une authentification pendant qu'elle a lieu.
La mécanique de l'échange
L'attaquant récupère du matériel d'authentification NTLM qu'il pourra éventuellement tenter d'attaquer hors ligne, avec une réussite qui dépend entièrement de la robustesse du secret et du temps dont il dispose. Ce scénario vise le secret de l'identité, pas la session en cours.
L'attaquant ne cherche pas nécessairement à retrouver le secret : il transmet en temps réel l'échange d'authentification vers un autre service, qui accepte cette authentification et traite ensuite les actions comme celles de l'identité relayée. Le secret reste inconnu, mais l'identité est utilisée.
Chaque flèche dépend de la configuration réelle du système : un déclencheur d'authentification ne produit un chemin que si une cible accepte le relay, et l'impact final reste borné par ce que l'identité relayée peut réellement faire.
Identité ou machine légitime
Authentification NTLM déclenchée ou détournée
Attaquant en position de relais
Échange NTLM transmis à une autre cible
La cible accepte l'authentification sans protection suffisante contre le relay
L'attaquant agit avec les droits de l'identité relayée
Nouvelle étape possible dans le chemin d'attaque
Cette séquence n'a rien d'automatique : une coercition réussie sans cible exploitable ne mène nulle part, et une cible mal protégée n'est atteignable que si une authentification exploitable peut lui être présentée.
NTLM Relay ne donne aucun privilège supplémentaire par magie. Il permet d'utiliser ailleurs les privilèges que possède déjà l'identité relayée.
Un relais suppose une authentification à relayer. Deux familles de mécanismes très différentes permettent d'en obtenir une, et elles ne se corrigent pas de la même manière : l'une concerne la résolution de noms sur le réseau, l'autre concerne des interfaces Windows capables de déclencher une connexion sortante.
Lorsqu'un poste ne résout pas correctement une ressource par les mécanismes normaux, certains protocoles de résolution locale peuvent conduire à contacter une machine autre que celle attendue, y compris une machine contrôlée par un attaquant, qui reçoit alors une tentative d'authentification.
Ces mécanismes ne sont pas des vulnérabilités en eux-mêmes : ils deviennent un problème quand ils restent actifs sans besoin réel, sur des segments où une machine non maîtrisée peut répondre.
Certaines interfaces Windows ont historiquement permis de pousser une machine à initier une authentification vers un système choisi par l'appelant. Les cas les plus documentés concernent les interfaces liées au chiffrement de fichiers et au service de spouleur d'impression, souvent désignées par les noms de recherche PetitPotam et PrinterBug.
La coercition ne constitue pas encore une compromission : elle fournit une authentification qu'il faut encore pouvoir relayer vers une cible exploitable, avec une identité dont les privilèges rendent l'opération intéressante.
Traiter uniquement le déclencheur revient donc à fermer une porte parmi d'autres. Une organisation qui bloque une interface de coercition précise sans traiter la capacité de ses services critiques à accepter une authentification relayée conserve la classe de chemins dans son environnement.
Les protections contre le relay sont propres à chaque protocole : elles lient l'authentification à la session dans laquelle elle a été produite, ou exigent une signature que l'attaquant ne peut pas produire. Analyser un environnement revient donc à vérifier service par service ce qui est réellement exigé.
SMB signing
Un service SMB qui n'exige pas correctement la signature peut constituer une cible de relais selon le contexte, notamment lorsque des serveurs historiques conservent des réglages plus permissifs que les valeurs par défaut récentes.
LDAP signing
Les binds insuffisamment protégés peuvent permettre certains scénarios de relais vers l'annuaire, avec un impact qui dépend des permissions de l'identité relayée sur les objets visés.
LDAP channel binding
Le chiffrement TLS seul ne protège pas contre tous les scénarios de relais : le channel binding lie l'authentification à la session TLS dans laquelle elle est présentée, ce qui casse la réutilisation de l'échange ailleurs.
Extended Protection for Authentication et HTTPS
Des endpoints d'inscription AD CS acceptant NTLM sans EPA constituent le scénario documenté ESC8, avec une conséquence particulière : la cible n'accorde pas seulement un accès, elle peut émettre un credential.
Lorsqu'une authentification NTLM peut être relayée vers un serveur SMB qui ne bloque pas ce scénario, l'attaquant agit avec les droits accordés à l'identité relayée sur cette cible précise. Il n'obtient pas un pouvoir générique sur le domaine, mais exactement le périmètre d'action de cette identité sur ce serveur.
Si l'identité relayée possède des privilèges d'administration locale sur la machine visée, l'impact peut aller jusqu'à des opérations d'administration à distance et ouvrir une nouvelle progression dans le chemin d'attaque. Si elle ne dispose que de droits limités, la même technique produit un résultat correspondant à ces droits.
C'est pourquoi la cartographie des comptes disposant de privilèges d'administration locale étendus sur un grand nombre de machines compte autant, dans l'analyse, que la configuration du protocole lui-même : elle détermine ce qu'un relais réussi rend possible.
Active Directory ne sert pas uniquement à authentifier. LDAP permet également de lire et de modifier des objets, des attributs et des relations d'autorisation lorsque l'identité utilisée possède les permissions nécessaires sur les objets concernés.
Dans certains scénarios, un relais NTLM vers LDAP ou LDAPS peut donc servir à modifier le graphe de droits plutôt qu'à exécuter immédiatement une action visible : la conséquence n'est pas un accès ponctuel, mais une relation persistante inscrite dans l'annuaire. Les délégations sont l'exemple le plus parlant de cette catégorie, notamment la Resource-Based Constrained Delegation.
Selon l'identité relayée et les ACL présentes dans l'annuaire, un chemin peut permettre la création ou la modification d'une relation de délégation comme RBCD. Cette possibilité n'est pas une conséquence automatique d'un relais vers LDAP : elle dépend entièrement des permissions effectives de l'identité utilisée sur l'objet visé.
Active Directory Certificate Services peut exposer des services d'inscription via IIS, notamment le Certificate Authority Web Enrollment et le Certificate Enrollment Web Service. Ces interfaces répondent à des besoins légitimes d'inscription, mais elles sont accessibles par HTTP et acceptent des authentifications Windows.
Si ces endpoints acceptent NTLM sans les protections adaptées contre le relay, notamment HTTPS et Extended Protection for Authentication, Microsoft les considère comme exposés au scénario ESC8. La cible se distingue ici de toutes les autres : elle n'accorde pas un accès, elle peut émettre un credential utilisable ensuite de façon autonome.
La séquence documentée
Lorsque le principal relayé est un contrôleur de domaine
Les deux scénarios concernent Active Directory Certificate Services, mais ils ne portent ni sur le même objet, ni sur la même faiblesse, et ils ne se corrigent donc pas avec les mêmes mesures.
Le problème se trouve principalement dans les propriétés et les permissions d'un modèle de certificat : une identité légitime demande elle-même un certificat dangereux, avec sa propre authentification.
Le problème se trouve principalement dans un endpoint d'inscription qui accepte une authentification relayée sans protections suffisantes : l'attaquant utilise l'identité d'un autre principal en relayant son authentification.
Présenter ces deux scénarios comme une même vulnérabilité conduit à corriger le mauvais objet : durcir des modèles ne protège pas un endpoint exposé, et protéger un endpoint ne corrige pas un modèle trop permissif.
NTLM est désormais un protocole déprécié par Microsoft, mais il reste supporté dans Windows pour des raisons de compatibilité, et Kerberos demeure le mécanisme d'authentification privilégié dans un domaine Active Directory. Cette dépréciation ne signifie donc ni absence du protocole, ni absence de chemin.
Les versions récentes de Windows ont par ailleurs renforcé leurs valeurs par défaut, ce qui change la surface d'exposition d'un parc moderne par rapport aux analyses publiées il y a quelques années. Ce renforcement concerne les nouvelles installations et les configurations par défaut, pas l'état effectif d'un système d'information constitué par couches successives.
Ce qui a changé et ce qui reste à vérifier
La version du système ne permet donc pas de conclure qu'un chemin est fermé : un parc récent peut conserver des exceptions documentées, des serveurs anciens ou des applications tierces qui rétablissent les conditions du relay. Seul l'audit de la configuration effective, côté clients comme côté serveurs, permet de le déterminer.
Aucun événement isolé ne caractérise un relais : chaque signal pris séparément décrit une opération qui peut être parfaitement normale. La détection consiste donc à reconstruire une séquence cohérente entre l'usage du protocole, l'authentification observée sur la cible, le comportement réseau et le service spécifiquement visé.
L'événement de validation de credentials sur le contrôleur de domaine documente les authentifications NTLM et permet de savoir quels comptes utilisent encore ce protocole, depuis quelles machines et à quelle fréquence. Il constitue la base de l'inventaire, pas une alerte.
Sur le système visé, l'ouverture de session documente le type de connexion, le paquet d'authentification utilisé, la source réseau et l'identité. Une connexion réseau NTLM réussie peut être parfaitement normale : l'intérêt vient de sa corrélation avec une source, une cible et un comportement inattendus.
La couche réseau apporte les signaux que les journaux d'authentification ne portent pas, dans la logique des détections associées à la technique MITRE correspondante : réponses anormales aux mécanismes de résolution hérités, trafic provenant d'un hôte non autorisé, authentifications SMB inhabituelles entre systèmes qui n'ont pas de raison de dialoguer, modification réactivant certains mécanismes de résolution, et création de services consécutive à une compromission.
Chaque service visé apporte sa propre télémétrie. Côté annuaire, les événements de diagnostic identifient les clients qui ne respectent pas les exigences de signature ou de channel binding. Côté PKI, les événements Certification Services permettent de rapprocher une demande de certificat du contexte réseau dans lequel elle a été présentée, en s'appuyant aussi sur les journaux IIS.
Un chemin de relay se compose d'un déclencheur, d'une cible et d'une identité. Chaque maillon retiré réduit la classe de chemins concernée, et la démarche progressive ci-dessous évite l'écueil d'une désactivation brutale qui casserait des usages métier encore dépendants du protocole.
Avant toute désactivation globale, inventorier les systèmes qui utilisent encore NTLM, identifier les dépendances héritées, distinguer les usages métier, les usages techniques et les exceptions historiques, puis préparer une migration vers Kerberos ou des mécanismes plus modernes.
Privilégier Kerberos et restreindre NTLM une fois les dépendances identifiées. Sur les systèmes les plus privilégiés, notamment les contrôleurs de domaine, traiter en priorité les possibilités d'authentification NTLM sortante, qui alimentent directement les scénarios de coercition.
Une désactivation aveugle sur l'ensemble du système d'information, sans phase d'audit ni traitement des exceptions, produit des ruptures de service sans garantir la fermeture des chemins.
Exiger la signature SMB là où la configuration ne le fait pas déjà, en vérifiant la configuration réelle des clients comme des serveurs, puis tirer parti des mécanismes récents de blocage de NTLM sur SMB lorsque le contexte le permet.
Exiger le LDAP signing après identification des clients incompatibles et traiter le channel binding pour LDAPS et les authentifications concernées, en exploitant les modes d'audit avant l'enforcement lorsque le parc l'impose.
Pour les services d'inscription AD CS, imposer HTTPS, activer Extended Protection for Authentication en privilégiant le mode Required lorsqu'il est compatible, et réduire ou supprimer NTLM sur ces endpoints lorsque c'est possible.
HTTPS seul ne traite pas ESC8 : c'est la combinaison du chiffrement et de l'Extended Protection for Authentication qui lie l'authentification à la session présentée.
Réduire les mécanismes de résolution hérités devenus inutiles et surveiller les authentifications sortantes des systèmes critiques, sans compter uniquement sur le blocage d'un outil de coercition précis.
Bloquer une interface de coercition connue ne traite qu'un déclencheur. Empêcher une identité Tier 0 d'émettre une authentification NTLM exploitable, et empêcher les services critiques d'accepter une authentification relayée, casse en revanche une classe entière de chemins, indépendamment de l'outil employé.
Un inventaire de configuration peut montrer que NTLM est encore actif, que la signature SMB n'est pas imposée partout, que le LDAP signing reste incomplet, qu'un endpoint AD CS fonctionne sans EPA et qu'un contrôleur de domaine peut initier une authentification vers un périmètre insuffisamment maîtrisé. Pris individuellement, ces constats produisent une liste de findings que l'on traite selon la disponibilité des équipes.
Reliés entre eux, les mêmes constats décrivent un chemin praticable vers le Tier 0, et l'ordre des corrections cesse d'être arbitraire : certaines mesures ferment un point de configuration, d'autres retirent un maillon commun à de nombreux chemins. C'est cette différence d'effet que l'analyse doit rendre visible.
La question à laquelle l'audit doit répondre
Dans cet environnement, une authentification obtenue par contrainte peut-elle encore être présentée à un service qui l'accepte, et jusqu'où mène-t-elle ?
L'audit recherche donc
Les autres fiches de la collection. Elles ne constituent pas des étapes obligatoirement successives : chacune s'insère dans un chemin d'attaque selon ce que l'environnement autorise.
Attaquer hors ligne le secret d'un compte de service, là où le relay se passe de ce secret.
Abuser d'un modèle de certificat trop permissif avec sa propre authentification.
Exploiter les droits de réplication pour obtenir les secrets du domaine.
Détourner une authentification en cours vers un service qui l'accepte.
Références de premier rang utilisées pour étayer cette fiche.
Microsoft Learn
NTLM overviewFonctionnement challenge-response, préférence donnée à Kerberos dans un domaine et statut actuel de NTLM, déprécié mais encore supporté.
Microsoft Support
KB5005413 — Mitigating NTLM Relay Attacks on Active Directory Certificate Services (AD CS)Cadrage Microsoft de PetitPotam comme relais NTLM, rôle d'Extended Protection for Authentication et de HTTPS sur les services d'inscription, réduction de NTLM.
Microsoft Defender for Identity
Certificates security posture assessment — endpoints d'inscription AD CS (ESC8)Qualification actuelle des endpoints IIS d'inscription acceptant NTLM sans HTTPS ni EPA comme exposés au relais NTLM.
Microsoft Learn
SMB security hardening et SMB signingSignature SMB, valeurs par défaut récentes côté client et serveur, mécanismes de blocage NTLM pour SMB.
Microsoft Learn
Enable LDAP signing in Windows ServerLDAP signing, channel binding, valeurs par défaut des déploiements récents et événements de diagnostic utiles avant enforcement.
Microsoft — Advanced Audit Policy Configuration
Event ID 4776 — The domain controller attempted to validate the credentials for an accountSignification exacte de l'événement et limites de son interprétation dans un contexte de relais.
Microsoft — Advanced Audit Policy Configuration
Event ID 4624 — An account was successfully logged onLogon Type, paquet d'authentification et source réseau, utiles pour caractériser une authentification NTLM sur la cible.
Microsoft — Advanced Audit Policy Configuration
Event ID 4886 — Certificate Services received a certificate requestJournalisation des demandes de certificat, utilisée ici uniquement pour le scénario AD CS.
Microsoft — Advanced Audit Policy Configuration
Event ID 4887 — Certificate Services approved a certificate request and issued a certificateCorrélation entre la demande reçue et le certificat effectivement émis dans le scénario ESC8.
ANSSI — CERT-FR
Classe de vulnérabilités en environnement Active DirectoryPoints de contrôle Active Directory, coercition d'authentification et réduction de l'authentification NTLM sortante sur les systèmes les plus privilégiés.
MITRE ATT&CK
T1557.001 — Name Resolution Poisoning and SMB RelayRattachement du scénario à Adversary-in-the-Middle et logique de détection DET0462 associée à la technique.
Les pages qui prolongent cette fiche, du chemin d'attaque jusqu'à la démarche d'audit.
La page mère de la collection et la vue d'ensemble des techniques.
L'offre : analyse des comptes, délégations, groupes sensibles et remédiation priorisée.
L'étape possible lorsque l'identité obtenue porte des capacités de réplication.