Projet SailPoint en difficulté : vous êtes loin d’être un cas isolé

Un projet d’outillage IGA sur quatre viserait à remplacer SailPoint. Derrière cette estimation, une réalité : de nombreuses entreprises réévaluent leurs plateformes de gouvernance des identités. Mais pourquoi ?
Votre projet SailPoint IdentityIQ devait automatiser les habilitations, fiabiliser les arrivées et départs des collaborateurs et simplifier les campagnes de certification. Pourtant, les intégrations prennent du retard, les développements spécifiques s’accumulent et les bénéfices tardent à se concrétiser.
Votre intégrateur évoque la complexité du système d’information, l’éditeur rappelle les capacités de sa solution et votre direction s’interroge sur les résultats obtenus.
Et si votre situation était moins exceptionnelle que vous ne le pensez ?
Dans leur lecture des évolutions du marché de l’IGA, les analystes évoquent un ordre de grandeur intéressant : près d’un projet d’outillage sur quatre concernerait une démarche de remplacement de SailPoint. Si sa méthodologie n’est pas publiquement documentée, plusieurs données de marché et retours d’expérience rendent cet ordre de grandeur plausible.
Un projet IGA sur quatre pour remplacer SailPoint : un chiffre crédible ?
SailPoint occupe historiquement une place majeure dans la gouvernance des identités.
Lors de son Investor Day de juin 2026, l’éditeur revendiquait 23,2 % du marché mondial IGA en chiffre d’affaires, selon des données Gartner. Son implantation dans les grandes entreprises est particulièrement importante :
- 29 % du Forbes Global 2000 sont clients de SailPoint
- 53 % du Fortune 500 américain utilisent ses solutions
- 3 310 organisations clientes étaient recensées au 31 juillet 2026
Ces chiffres permettent de comprendre pourquoi SailPoint apparaît naturellement dans de nombreuses consultations de remplacement.
Sur les 2 000 entreprises du Forbes Global 2000, environ 580 sont clientes de SailPoint. Si elles réévaluent leur plateforme à un rythme comparable aux autres organisations, SailPoint représente potentiellement une part importante des solutions remises en concurrence.
L’estimation d’un projet sur quatre devient donc plausible, sans constituer une statistique mondiale démontrée.
Surtout, envisager un remplacement ne signifie pas quitter effectivement l’éditeur. Une organisation peut comparer plusieurs solutions et finalement décider de conserver SailPoint.
Sources : Investor Day SailPoint, juin 2026 ; rapport annuel 2026 ; rapport trimestriel de juillet 2026.
Microsoft a remplacé SailPoint IdentityIQ : pourquoi ?
En août 2024, Microsoft a publié un retour d’expérience détaillant son remplacement d’IdentityIQ par Entra ID Governance.
Le périmètre concernait environ 350 000 identités humaines et non humaines, plus de 25 000 groupes de sécurité et 10 000 objets d’habilitation.
Selon Microsoft, les nombreuses personnalisations d’IdentityIQ rendaient la plateforme progressivement plus complexe à maintenir. Certaines règles de gestion nécessitaient des développements spécifiques importants, mobilisant des ressources techniques conséquentes.
Fin 2022, Microsoft estimait consacrer plus de 1,5 million de dollars par an à la maintenance de son environnement IdentityIQ.
L’entreprise a finalement choisi une migration progressive vers Entra ID Governance, réalisée en environ six mois.
Microsoft disposait naturellement de circonstances particulières, notamment puisqu’elle développait elle-même la solution cible. Son expérience ne démontre pas la supériorité générale d’un produit.
Elle illustre néanmoins un phénomène bien réel : même une organisation disposant de moyens techniques considérables peut considérer que la complexité et les coûts de maintenance de sa plateforme IGA justifient un changement de technologie.
Consulter le retour d’expérience officiel de Microsoft.
Même rester chez SailPoint peut nécessiter une transformation importante
Le témoignage de Nelnet, cliente d’IdentityIQ depuis 2016, apporte un autre éclairage.
En 2024, l’entreprise a entrepris sa migration vers SailPoint Identity Security Cloud, tout en conservant son éditeur historique.
Initialement prévue sur deux mois, la phase de recueil et de formalisation des exigences en a finalement nécessité près de quatre.
La difficulté provenait notamment des différences architecturales entre IdentityIQ et Identity Security Cloud, qu’il ne fallait pas considérer comme une simple nouvelle version du même produit.
Le projet a finalement abouti.
Cette expérience montre qu’un planning initial dépassé ne traduit pas nécessairement une mauvaise gestion côté client. La complexité de transformation peut aussi avoir été sous-estimée lors du cadrage.
Lire le retour d’expérience Nelnet publié par SailPoint.
Produit, intégrateur, organisation : pourquoi les projets IGA se compliquent-ils ?
Les difficultés rencontrées sur les programmes de gouvernance des identités ne sont pas toujours imputables à un seul facteur.
Un connecteur présenté comme disponible peut nécessiter des adaptations importantes pour couvrir réellement le provisionnement et les règles d’habilitation. Des personnalisations successives peuvent créer une dette technique difficile à maîtriser. Une architecture insuffisamment documentée peut également rendre chaque évolution dépendante de quelques experts.
IdentityIQ offre de puissantes possibilités de personnalisation. Cette flexibilité constitue un atout, mais peut également augmenter les coûts de maintenance lorsque les développements spécifiques se multiplient.
La qualité de l’intégration reste donc déterminante.
Lorsqu’une complexité technique prévisible n’a pas été identifiée en avant-vente ou pendant le cadrage, les difficultés qui en résultent ne peuvent pas être systématiquement attribuées à une mauvaise expression du besoin client.
Inversement, changer de logiciel sans revoir ses méthodes d’intégration ou ses règles de gouvernance peut reproduire les difficultés rencontrées.
L’essentiel est de comprendre ce qui relève du produit, de son implémentation ou de l’organisation du programme.
Un projet IGA en difficulté peut aussi être redressé
Cette distinction est au cœur des missions de reprise de projets IAG réalisées par Ariovis.
Chez un éditeur logiciel, Ariovis est notamment intervenu sur un programme à l’arrêt, marqué par une capacité de livraison insuffisante, un manque d’autonomie des équipes et une forte insatisfaction métier.
La reprise a consisté à clarifier les règles de gestion, restaurer les fondamentaux du cycle de vie des identités et reconstruire une feuille de route opérationnelle.
Cette intervention a permis de retrouver une trajectoire de livraison, de réduire les incidents et de renforcer l’autonomie des équipes.
Ce cas ne concerne pas spécifiquement SailPoint, mais il rappelle qu’un programme IGA en difficulté n’impose pas nécessairement un remplacement de sa plateforme.
La reprise de l’architecture, du delivery ou du pilotage peut parfois suffire.
Faut-il conserver ou remplacer SailPoint ?
Avant toute décision, trois trajectoires méritent généralement d’être étudiées : moderniser IdentityIQ, évoluer vers Identity Security Cloud ou sélectionner une nouvelle solution IGA.
En juin 2026, SailPoint indiquait que 85 % de sa base historique on-premises restait à migrer vers le SaaS, représentant environ 350 millions de dollars de revenu annuel récurrent.
L’annonce d’IdentityIQ 9.0 en octobre 2026 confirme par ailleurs la poursuite des investissements dans la solution on-premises.
Pour les organisations concernées, cette période constitue une occasion de réexaminer leur architecture, leurs coûts et leurs objectifs.
Une comparaison pertinente doit intégrer les capacités fonctionnelles, les personnalisations, les coûts d’intégration, la maintenance, le niveau d’autonomie et les risques de migration.
Pour objectiver cette réflexion, Ariovis propose un calculateur gratuit de ROI IAM/IAG, permettant d’évaluer les bénéfices économiques attendus d’un programme de gouvernance des identités.
Un projet en difficulté ne signifie pas nécessairement un mauvais choix initial
Les décisions d’outillage reposent sur les informations disponibles au moment du choix : démonstrations, engagements techniques, références et estimations d’intégration.
Des difficultés peuvent ensuite apparaître lorsque la solution rencontre la réalité du système d’information. Elles peuvent également résulter de changements de besoins ou d’une évolution du marché.
Les expériences de Microsoft, de Nelnet et des entreprises qui réévaluent leurs plateformes historiques montrent que ces interrogations ne sont pas réservées aux organisations les moins matures.
L’estimation selon laquelle un projet IGA sur quatre viserait à remplacer SailPoint reste à confirmer. Elle ne constitue pas davantage un taux d’échec des projets SailPoint.
Mais elle rappelle une chose essentielle : remettre en question une plateforme IGA, ou chercher à comprendre les difficultés rencontrées pendant son déploiement, est une démarche légitime.
Le choix le plus pertinent n’est pas nécessairement de remplacer SailPoint, ni de poursuivre coûte que coûte le projet existant. C’est celui qui repose sur une compréhension objective des causes, des coûts et des bénéfices attendus.
Pour les organisations confrontées à cette situation, Ariovis détaille également sa méthode pour reprendre un programme IAM à l’arrêt.

Analyse Ariovis — octobre 2026. Les chiffres relatifs au marché et à la base installée proviennent des communications publiques de SailPoint. L’estimation « un projet sur quatre » est attribuée à Saviynt, sans méthodologie publique identifiée. Les témoignages Microsoft et Nelnet reflètent leurs contextes respectifs et ne constituent pas des statistiques représentatives du taux d’échec des projets IGA.